Partager l'article ! De PAUL TEMPLIER, NANTES 02/12/2009: « Je viens de lire avec grand intérêt le livre de Jean DOUSSAL « Église de France, qu’as-tu ...
« Je viens de lire avec grand intérêt le livre de Jean DOUSSAL « Église de France, qu’as-tu fait de la Caisse des cultes ? » Le dernier numéro de Nouvelles et Références en a d’ailleurs fait une recension sous la plume de Laurent Laot. Tout en partageant largement son analyse et sa réflexion, je voudrais cependant vous faire part de mes propres réactions.
Elles portent principalement sur la première partie de ce livre, qui évoque le contexte et les modalités de notre entrée dans la Sécurité sociale. Et je suis absolument sidéré du peu de cas qui y est fait de toute l’action et la réflexion que nous avons menées pour contester et essayer de modifier les choix qui s’opéraient dans ces années 1974 / 1979. Bien sûr l’APSECC n’est née qu’en Mars 1979, mais elle peut totalement assumer le « mouvement social » qui l’a fait naître. Ceux qui se sont rassemblés à St Denis le 31 Mars 1979 étaient ceux-là même qui depuis 4 ou 5 ans avaient tout fait pour que les autorités ecclésiales et les parlementaires ne nous enferment pas dans un régime étriqué, non viable et antisolidaire.
Et il ne faut pas oublier que ce combat a ouvert une brèche très importante dans le dispositif inacceptable
qu’on nous préparait sans nous consulter. C’est en effet à l’assemblée de Lourdes d’Octobre 1977 que les évêques ont abandonné le principe de totale autonomie qui était jusqu’alors envisagé, pour
accepter qu’en matière de maladie, notre futur régime soit rattaché au régime général des travailleurs salariés. Les parlementaires ont suivi, si j’ose dire. Et il faut se rappeler que ce
résultat n’a été acquis que grâce à toute l’action menée et en particulier à la pétition nationale du printemps 1977 intitulée « Quelle protection sociale voulons-nous pour les
prêtres ? » et qui a été signée par au moins 2300 prêtres ; et aux rencontres qu’ont eu, notamment le 10 mai 1977, trois évêques, dont deux du conseil permanent et trois ou quatre
représentants du Comité de liaison du GREPO, initiateurs de cette pétition. (…) »
RAPPEL : Voilà ce que disait de ce livre Église de France, qu’as-tu fait de la Caisse des
cultes ? »JJ Darties, comme déjà cité dans ce blog :
« Ce livre fonctionne selon trois registres qui, du fait
qu’ils interfèrent constamment dans la description historique de ce régime social, confèrent à cet ouvrage un intérêt certain et en font quelque part une contribution à laquelle il est opportun
de se référer.
- Un registre de documentation et d’information sur l’histoire récente du régime de protection sociale des ministres des cultes, tout d’abord : De nombreux textes sont cités sur les prises de
positions des partenaires de ce régime au cours de ces dernières années. La confrontation de ces textes permet de mieux comprendre les logiques qui ont conditionné la mise en place de telle ou
telle disposition réglementaire, de telle ou telle décision. A la lecture de ce livre on comprend mieux ce régime qui au premier abord se révèle opaque, peu transparent, complexe ;
- Un registre de positionnement des problèmes évoqués dans le double contexte juridique des obligations contractuelles des autorités cultuelles(de part leur droit interne même) à l’égard des
ministres de cultes, membres de congrégations ou de collectivités religieuses d’une part, des conséquences du fait que la République est une, indivisible et laïque quant à la juste articulation
de ce que Jean Doussal nomme « l’ordre ecclésiastique et l’ordre public ». Il y a de ce point de vue, même si l’on aurait souhaité un approfondissement théorique et juridique, une utile
contribution au débat sur les conséquences de l’évolution du paysage cultuel français sur la conception d’une laïcité à la française moderne ;
- Un registre du militant chrétien soucieux que son Eglise ne soit plus à l’égard de ses ministres ou membres de congrégations ou de collectivités religieuses (partis ou restés) en contradiction
avec la doctrine qu’elle prêche pour autrui et continue de produire « des victimes du culte ». Ses interpellations, issues de sa pratique d’administrateur de la CAVIMAC, de son expérience
d’administrateur URSAFF et de conseiller prud’hommes, devraient, à la veille des évolutions structurelles que sont appelées à connaître les Régimes de protection sociale, trouver leur place dans
l’évaluation de ses pratiques et le retour sur soi que ne doit pas manque d’opérer une Caisse des cultes, certes jeune (elle n’ a que trente ans) mais toujours tellement ridée par des solutions à
minima, des renoncements aux grands principes face à la dureté des contraintes financières, des relents de comportements de type communautariste.
Un livre donc à lire :
Il est le témoignage d’un militant qui a dû parfois seul porter le poids de ses convictions et de ses nombreux mandats ;
Il est une contribution, à savoir utiliser, pour conforter, sinon ré-ancrer, dans la Caisse des cultes l’esprit des valeurs républicaines, celles des grands principes de liberté, d’égalité et de
fraternité. »
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Derniers Commentaires